jeudi, 10 décembre 2009
L'UMP Star Academy
Et on apprend que le lipdub de l'UMP et sa nouvelle chanson révolutionnaire, sont l'hymne de la Star Académie du Québec. Voilà. Jusqu'au bout donc.
02:46 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : sarkozy, ump, lipdub
vendredi, 16 octobre 2009
Le zizi de Sarkozy et la République de Jeannot Lapin
Qu'il est enivrant, qu'il s'est musclé, qu'il a maigri, qu'il est assagi, qu'il est inspiré, incarnant ainsi cette si Grande Nation que tout le Monde admire.
Jusqu'au bout nous aurons le droit à l'esthétique présidentielle digne d'une machine à laver: plus blanc que blanc, plus Président que les autres Présidents, ces rois fainéants qu'il s'est tant plu à dénoncer.
Mais quand on veut être plus qu'un Président, le reste-t-on vraiment? La stratégie de réélection est pertinente: notre Président n'est plus le cocaïnomane incontrolable que nous avons connu Place Bauveau. Il ne se la joue plus non plus anti-intellectuel ou anti-culturel car désormais, et c'est typique d'une stratégie de réélection, il veut réunir le pays, le pinceau et le marteau, le crayon et la faucille. Le grand soleil du XXI ème siècle français nous garantit donc un avenir radieux. On pourrait en douter sur bien des points.
L'affaire Clearstream est un épiphénomène: peu de gens la comprennent sur le fond, un peu plus sur l'aspect Villepin/Sarkozy. Mais sur la forme, c'est une catastrophe. Je n'ai pas de sympathie particulière pour Dominique de Villepin. Je reste simplement atterré de constater que le Président de la République puisse à se point s'enferrer dans cette affaire. Il y a quelque chose de pathétique, de monomaniaque dans ce choix: celle de mettre à terre, de montrer que l'on est le plus fort. Quand le Président ose clamer qu'il a toujours été un homme honnête, on pourrait lui rétorquer que lorsque l'on a été président du Conseil général des Hauts de Seine, avec Pasqua, Balkany et consorts, il vaut mieux ne pas trop discourir sur ce point. C'est sûr, en même temps, que la réforme de la Justice garantit au Président beaucoup de tranquilité. Il restera intéressant, dans quelques années, d'étudier les liens entre l'UMP la Françafrique, certains instituts de sondage and co.
La diplomatie française est douteuse: face à l'Iran, nous allons voir ce que nous allons voir. Non content d'avoir contribué à faire monter la pression sur la question iranienne, Nicolas Sarkozy tient aussi sa petite revanche sur Barack Obama. En effet, il a beau être classieux et ouvert, Barack est trop gentil. Alors, la scène internationale est l'occasion pour Nicolas de montrer qu'il a la plus grosse. Vulgaire cette formulation? Tout autant que ses déclarations devant les journalistes au sujet de la situation iranienne. Il y a toute inquiétude à avoir face à un Président aussi malhabile, autant à côté de la fonction. D'ici quelques semaines apparaîtra le grand contraste avec Jacques Chirac et François Mitterrand.
Cependant, on pourrait malicieusement noter combien l'Iran empoisonne toujours les mandats de nos élus conservateurs. Souvenez-vous de Jacques Chirac en 1988 et la libération des otages iraniens. La contrepartie de la vie laissée aux otages fut la signature d'un accord entre la France et l'Iran pour l'enrichissement de son uranium. Vingt ans après, rebelotte, c'est encore ce thème qui tient le haut du pavé.
Enfin, dernier point: notre Président est tellement fort qu'il enfante des génies. Des gé-nies comme peuvent le clamer les élus ump des Hauts de Seine.
Bien sûr l'affaire prête à sourire et à exaspération. C'est le signe de cet incontrôlable Président, capable d'une vraie habileté politique sans réussir à dompter la profonde bassesse de son oeuvre. Oser le népotisme comme réponse à l'ennemi Devedjan, c'est ridicule, c'est petit.
Il n'y a pas d'antécédents aussi lourds, aussi pathétiques de népotisme dans la cinquième République. Bien sûr Jean-Christophe Mitterrand, bien sûr Claude Chirac, encore n'y avait-il pas dans ces deux situations d'enjeux à proprement parler administratifs.
Jeannot Lapin Sarkozy est le symbole époustouflant du sarkozysme, la quintessence de la bassesse présidentielle: le futur établissement public de la Défense va couvrir la moitié de la ville de Nanterre, ville communiste. Les habitants de cette ville vont donc être dépossédés de leurs droits de contrôle les plus basiques en municipalité: un jeune homme de 23 ans, peu qualifié, fils du Président de la République décidera.
Nous avons la République que nous méritons.
20:07 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : sarkozy, aubry, rénovation, ps, ump, politique, présidentielle, 2012, bongo
lundi, 28 septembre 2009
Angela Merkel et la victoire glissante
Un ami journaliste me demandait hier: "mais qu'est ce que vous avez tous avec Merkel, c'est n'importe quoi à la fin, elle reste conservatrice, elle avait vraiment faim pour en arriver où elle est".
C'est vrai que l'adhésion à la chancelière conservatrice quand on est de centre-gauche peut troubler. C'est pourtant, comme j'ai pu l'expliquer dans un précédent post, une adhésion emprunte de considération plus que d'approbation.
Angela Merkel incarne une pratique politique dont l'Europe a besoin: dans une époque où s'illustre une social-démocratie à bout de souffle, où les personnages tarte à la crème, de Berlusconi à Sarkozy en passant par Kaczynski peuvent tenir le haut du pavé, il est important que l'Union compte parmi ses dirigeants conservateurs des femmes et des hommes qui mesurent la portée de leurs mandats et qui fassent preuve de pondération. J'ai pu l'évoquer à propos de Fini pour l'Italie non pour adhérer en quoi que ce soit à ses idées, mais pour saluer l'émergence de son leadership comme facteur de pacification du débat politique italien qui jour après jour donne des signes de fièvre. En France, la tentation de lissage du discours présidentiel se heurte à la réalité psychologique du Président de la République: l'énervement est au coin de la phrase, le dérapage est tout le temps possible.
Face à ces réalités, Merkel incarne certes un ultra pragmatisme tant décrié par certains, qui me semblent pourtant plus que nécessaire lorsqu'il s'agit d'un gouvernement conservateur.
La victoire ce soir est donc claire et établie: avec le FDP, à son plus haut niveau électoral, Angela Merkel va pouvoir former sa coalition noire-jaune qu'elle appelait de ses voeux depuis 2005. C'est peut-être ce soir que commence l'idéologisation du mandat de chancelière d'Angela Merkel.
N'ayons pas la mémoire trop courte: avant de former la grande coalition avec le SPD, très consensuelle mais pour autant courageuse dans les réformes conduites, Angela Merkel avait présenté en 2005 un programme très très très libéral comportant notamment une colonne vertébrale économique axée sur une flat tax. C'était évidemment avant la crise, c'était le temps où le SPD de Schröder avait porté le débat économique du centre gauche vers le centre tout court, obligeant les conservateurs à aller chercher plus loin dans la sacoche libérale des propositions économiques. Ce fut donc cette flat tax, gadget stupide, tentation libérale digne d'une publicité pour lessives prônant la révolution fiscale comme axe de relance de l'économie.
Alors que la grande coalition avec le SPD avait contraint Merkel à réorienter son mandat vers plus de consensus, plus de réformes sociales, plus de considérations de la fibre écologiste du SPD, l'alliance avec le FDP pourrait marquer la fin de cet équilibre.
On y est: que va-t-il se passer fiscalement en Allemagne? Comment les réformes familiales vont-elles être développées? L'éducation va-t-elle être au centre des négociations de programme entre FDP et CDU? Et surtout: le nucléaire va-t-il renaître?
Toute réponse à ces questions sera une épreuve pour la Kanzlerin consensuelle. Saura-t-elle gérer ces engagements sans se défaire de sa popularité? En redonnant leur pleine liberté d'action aux plus conservateurs et aux plus libéraux, Merkel signe sans doute la fin de sa gestion consensuelle: c'est une chancelière idéologique qui pourrait apparaître loin de la Mutti rassurante qui a su s'imposer et affaiblir les clivages avec le SPD.
00:53 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : allemagne, cdu, csu, fdp, spd, grande coalition, libéraux, angela, merkel
mercredi, 09 septembre 2009
Italie: le grand bouleversement est en marche
Comme un coup de tonnerre. Ce qui s'est passé durant l'été italien dépasse de loin les scénarii qui se concoctaient depuis des années par delà les Alpes.
Gianfranco Fini est le président de la Chambre des Députés italienne. C'est surtout l'ancien ministre de l'intérieur du gouvernement Berlusconi de 2001. C'est encore le chef de la droite ex-ultra, ex-post-fasciste, ex néo-fasciste. Compliqué? Pas tant que ça, reprenons.
En 1990, Fini fait encore le salut fasciste lors de ses meetings. Il devient le dauphin du chef du mouvement social italien, le parti néo-fasciste qui conserve une base électorale importante dans le sud du pays.
En 1995, il transforme le MSI en Alliance nationale, positionnant le parti sur un axe conservateur démocrate pour l'amener vers la pratique gouvernementale.
La mue d'Alleanza Nazionale sera vécue comme une trahison par les fascistes purs et durs. Cependant, Alliance Nationale conserve une base militante forte et organisée.
Alliance Nationale s'inscrit dans l'attelage berlusconien et remplit le rôle du parti ultra-conservateur, étatiste à côté des autres partis de la coaliation Maison des Libertés composée entre autre de:
- l'UDC, les chrétiens démocrates centristes de droite,
- Allez l'Italie (Forza Italia), le machin populo-libéral-nouveau riche de Berlusconi,
- Ligue du Nord, le parti ultra-débile (mais vraiment, c'est très affligeant) de Lombardie, secessioniste, régionaliste d'extrême droite.
C'est notamment en réunissant à faire tenir une majorité hyper hétéroclite (laïcs, païens et catholiques ensemble; ou encore ultra-libéraux, et étatistes; ou encore régionalistes sécessionistes et nationalistes italiens), que Berlusconi se targue d'être un démocrate qui unit différentes tendances.
Durant toutes ces années, Gianfranco Fini se défait de son habit d'extrême droit puis de celui de droite dure: il multiplie les signes très clairs de condamnation du fascisme et notamment des lois raciales qui conduirent à l'instauration de l'antisémitisme d'Etat en Italie après 1938, il se rend en Israël et se présente comme son défenseur en Italie, il esquisse peu à peu une attitude de gentleman politique, évitant soigneusement d'attaquer avec excès la gauche. Beaucoup d'italiens de gauche le définissent en disant qu'il est "bravo", respectable.
Depuis le troisième gouvernement Berlusconi de 2008, l'équilibre a muté, la coalition de Berlusconi ne tient plus qu'à deux partis
- la Ligue du Nord qui est la clé du fragile équilibre au Sénat
- Le Peuple de la Liberté qui est le nouveau parti du centre-droit, résultat de la fusion entre Allez l'Italie et Alliance Nationale.
- les centristes sont sortis de la coalition, droitisant encore plus Berlusconi et expliquant ainsi en partie les dérives outrancières du Président du Conseil italien: pour se garder de trop de fragilité parmi ses alliés, et notamment parmi la débile Ligue du Nord, qui tient les clés de sa majorité, il doit aller en surenchère de personnalisation et d'ultra clivage sur tout ce qui est possible.
Revenons-en à Gianfranco Fini. Pourquoi a-t-il provoqué un coup de tonnerre politique?
A force de se défaire de ses habits de droite et d'afficher une attitude consensuelle, il émerge comme une figure de stabilité dans les sables mouvants de la politique italienne:
- ardent défenseur des droits de l'opposition au Sénat,
- critique du Président du Conseil sur ses attitudes dans les médias, sur les scandales qu'il provoque,
- distant vis à vis de l'Eglise et du Vatican qui n'arrête pas de fourrer son nez dans les affaires du pays,
il gagne en crédibilité d'un homme stable et d'une stature au-dessus des dirigeants actuels;
Et que fait Gianfranco Fini début septembre? Il se rend, et il est l'un des seuls leaders de la droite italienne à le faire, à la fête Démocrate, l'équivalent de notre université d'été du PS.
Il discourt longuement sur le sens de l'immigration, se met à proposer le droit de vote aux immigrés, la citoyenneté, fait son méa culpa de la loi qui porte son nom et qui avait considérablement durci les conditions d'entrée dans le pays.
La salle applaudit à tout rompre.
Une digue s'est brisée en Italie: la gauche et le centre-gauche viennent de donner une onction consensuelle au futur leader de la droite outre-alpes. Alors que Berlusconi incarne le cancer de la politique italienne, hyper clivant entre pro et anti, mais dans le même temps, monstre politique issu des expérimentations hasardeuses du centre gauche corrompu des années Craxi, l'ère qui va suivre sa chute commence à se lire. Fini est en train de prendre très clairement le leadership.
Dans le même temps, au centre-gauche, le Parti Démocrate désigne prochainement son nouveau leader. Pier Luigi Bersani semble en tête pour remporter les primaires et le leadership du centre gauche. Bersani est une figure plus à gauche que les dirigeant actuels du Parti Démocrate. Il veut tourner la page du parti de supporters cher à Veltroni ( et à Ségolène R.) pour retourner à un parti de citoyens, de militants engagés qui "agissent et réflechissent".
Le coup de tonnerre est donc celui-ci: dans le vacarme du chaos berlusconien émerge une Italie plus réfléchie, plus consensuelle, moins débilitante. Saura-t-elle s'imposer?
00:38 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : berlusconi, fini, partito democratico, centre gauche, ps
mercredi, 22 juillet 2009
Angela Merkel: l'Allemagne hyper moderne
L'Allemagne vote en septembre prochain pour renouveler la diète fédérale, le Bundestag. Les dernières élections avaient conduit la CDU conservatrice à s'allier au SPD social démocrate pour gouverner.
Après Gerhard Schröder, chancelier charismatique qui avait consacré l'émergence d'une Allemagne décomplexée de la question de la responsabilité et de la repentance, comment Angela Merkel allait-elle imprimer sa marque?
Longtemps raillée pour un style parfois monotone et une pratique austère du pouvoir, Angela Merkel s'est pourtant imposée comme une chancelière pragmatique, post idéologique, évitant soigneusement les clivages propres à la CDU et à la CSU (travail, famille...), en s'attelant notamment à la reconquête de l'électorat centriste qu'avait su capitaliser le SPD.
C'est une révolution tranquille qu'elle a conduit, affirmant très haut la nécessité pour l'Allemagne de mettre en oeuvre une politique familiale basée sur de fortes allocations (c'est tout nouveau à ce niveau là) et un investissement massif dans les crèches et les jardins d'enfants: du jamais vu pour un parti conservateur et dans un pays très attaché à la place des femmes au foyer dans l'éducation des enfants.
En faisant entrer de plain pied l'Allemagne dans les questions du vieillissement, et en osant y répondre avec des réponses courageuses, qui interrogent en profondeur les fondamentaux de la société allemande, Angela Merkel fait basculer l'Allemagne dans la politique hyper moderne.
A ce jour, les sondages sont favorables à une coalition conservatrice et libérale. Si le programme d'une coaliation noire-jaune (CDU et FDP) devait s'imposer, ce ne serait pas tant à cause d'une adhésion aux idées libérales sur le plan économique des différentes têtes de proue du clan conservateur, mais bel et bien grâce à une chancelière aimée d'un électorat qui s'est laissé séduire depuis 4 ans par une pratique très rigoureuse et à la fois audacieuse du pouvoir.
Rappelons tout de même que les premiers pas sur la scène internationale avaient coupé le souffle: en acceptant une très forte contribution de l'Allemagne au financement de la politique agricole commune afin d'éviter un échec du sommet européen de 2005, beaucoup avaient salué le courage et l'efficacité de la Chancelière.
Aujourd'hui, l'Allemagne est touchée de plein fouet par la crise et cela crée des tensions indéniables dans l'équilibre politique du pays. Là aussi le centre-gauche est tourmenté par les forces centrifuges de l'extrême gauche de Die Linke. Cependant, l'indéfectible effort conduit depuis 10 ans par le chancelier Schröder, puis intensifié par la chancelière Merkel conduisent à ce constat: l'Allemagne est aujourd'hui en Europe une démocratie hyper moderne, un pôle d'innovation et de relance pour le développement efficace de notre continent.
23:27 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : allemagne, cdu, spd, europe, élections, politique

